conférences du mardi


Entrée libre dans la limite des places disponibles

Prochaine Conférence du mardi

 

Mardi 11 juin 2024 à 18 heures 30

 

L’eau sur la Terre

par M. Claude Brémard, membre titulaire, directeur de recherches honoraire au CNRS

 

Au Rex-Centre culturel  21 place Clemenceau à Abbeville

 

Notre planète Terre se distingue des autres planètes du système solaire par sa couleur dominante bleue qui couvre les trois quarts de la surface du globe. Cette couleur bleue est caractéristique de l'eau liquide qui semble couler d'abondance sur Terre. La quantité totale d'eau sur Terre est constante depuis 4 milliards d'années, avec environ 1 400 millions de milliards de m3 dont 97 % sont de l'eau salée. L'eau douce, non salée, est indispensable à toutes les formes de vie sur les continents. Bien avant l'apparition des humains, le transit d'eau par l'évaporation, les précipitations et le ruissellement a fortement participé à façonner les paysages et la nature de la surface de la Terre. C'est seulement 1% du stock d'eau qui est disponible comme eau douce liquide sur les continents Plus que le stock d'eau, c'est le flux d'eau du cycle de l'eau qu’il faut considérer pour comprendre les besoins et les ressources en eau douce. Chaque année, un flux moyen de 110 000 milliards de m3 de précipitations alimente en eau douce la surface des continents. Toutefois, la répartition des précipitations est très inégale. Seulement 40 % du flux d’eau atteint le sol et constitue l’eau dite bleue par ruissellement superficiel et par drainage vers les nappes d’eau souterraine. L'eau captée par les sols, 60% du flux, constitue l’eau dite verte qui ne peut être utilisée que par la végétation.

 

Pendant longtemps les besoins en eau douce des populations humaines ont été relativement faibles par rapport aux ressources naturelles. Mais depuis la révolution industrielle et l'urbanisation massive du XIXe siècle, les besoins croissants en eau douce sont devenus essentiels au développement économique et social des pays du monde. En ce début du XXIe siècle la quantité d'eau bleue nécessaire aux usages domestiques, à la production de nourriture, à la production d'énergie et à la fabrication des biens de consommations ne cesse d'augmenter. Des organisations internationales alertent sur le risque de manque d’eau potable dans certaines parties du monde qui connaissent une croissance démographique et économique, une pollution non maîtrisée des milieux aquatiques et même une pollution insidieuse des ressources. Ce phénomène pourrait atteindre au cours du XXIe siècle de nombreux pays de zones jusqu’alors épargnées. Avec le concept d’eau virtuelle, il est possible d’expliquer comment le système économique international permet à des pays de vivre avec un déficit chronique en eau sur leur territoire, grâce à l'importation de produits agricoles qu’ils ne peuvent pas produire sur leurs sols. C'est une façon de compenser la répartition très inégale des précipitations sur les continents.

 

Il est alarmant de constater qu’actuellement, dans le monde, 70% des eaux usées ne sont ni collectées, ni traitées. Beaucoup de ces eaux grises repartent directement dans le cycle naturel de l'eau ce qui n'est pas sans conséquence sur la vie des milieux aquatiques et sur la qualité des ressources en eau.

 

Depuis quelques années la chronique des catastrophes hydrologiques, sécheresses, inondations, pollutions, etc. occupe la une de l'actualité mondiale et n'épargne ni l'Europe ni la France. La communauté scientifique s’accorde à prévoir pour la suite du XXIe siècle une intensification et une accélération du cycle hydrologique à l’échelle de la planète, liées au réchauffement de la surface de la Terre. Cette intensification pourrait se traduire localement par une augmentation des niveaux d’évaporation et des précipitations avec des répercussions sur la fréquence et l'intensité de phénomènes tels que les sécheresses et les inondations. (CB)



Mardi 9 avril 2024 à 18 heures 30

La zététique ou le doute comme méthode

Conférence par Jean-Christophe Novelli, professeur de philosophie à l’Université Gustave Eiffel

 

Douter de tout ou douter de rien sont deux stratégies comparables sur un point : elles confinent toutes deux à une forme de paresse intellectuelle puisqu'on décide de la validité d'une information avant d'en avoir pris connaissance.

 

Douter correctement, c'est-à-dire à bon escient, est un art, un art singulier, un exercice de développement de l'esprit critique qui se nomme la zététique. On verra en quoi un doute sain a mené aux progrès spectaculaires de la science depuis la Renaissance par la mise en place de la méthode scientifique.

 

On discutera, pour en limiter l'influence, des biais qui nous gouvernent inconsciemment et nous amènent à aller parfois contre nos intérêts propres.

 

Enfin, une place de choix sera également réservée à l'éclairage zététique sur diverses théories du complot : platistes, Apollo 11, les pyramides, le 11-septembre, etc. (J-C N)

 

 



Dans le Grand Nord, Cliché Coll. Pascal Étienne
Dans le Grand Nord, Cliché Coll. Pascal Étienne

Mardi 13 février 2024 à 18 heures 30

 

Les dérèglements climatiques. L’Arctique donne l’alerte.

Conférence par M. Pascal Étienne, biologiste, photographe et peintre

 

Au Rex-Centre culturel  21 place Clemenceau à Abbeville

 

 

Pascal Étienne est agrégé de biologie, photographe et peintre. Il arpente les régions nordiques depuis trente-cinq années, et a publié une dizaine d’ouvrages sur la faune et les paysages de ces contrées ainsi que d’autres régions du monde. Il a sillonné durant trois étés les mers de Barents et l’Arctique en tant que guide et conférencier polaire sur des brise-glaces et autres navires.

 

Le dérèglement climatique affecte le Grand Nord à vitesse grand V, amoindrissant la banquise et réduisant la surface de glaces fréquentée par l’ours polaire. Ceci est l’image classique rabâchée par les médias, mais le réchauffement actuel ne se limite pas à ce seul constat. En effet, l’Arctique, surveillé en permanence par une organisation internationale dédiée à ses problèmes, se voit attaqué par les projets pétroliers, la construction d’oléoducs, les pollutions en conséquence, la recherche et l’exploitation de minerais, les éboulements de terrain, la production accrue de gaz à effets de serre qui contribuent à accélérer le cycle infernal. Le diaporama illustre la faune de ces contrées qui ne se limitent pas seulement aux glaces mais comprend aussi des zones de toundra, des tourbières sur d’immenses superficies.

 

Diverses nations convoitent cet univers bientôt à la portée de tous avec la disparition de la banquise. Déjà se redessinent les contours des zones internationales et un nouveau partage entre cinq pays de cet immense gâteau donc chacun veut sa part. La géopolitique s’immisce donc dans la vie de l’Arctique avec des tensions permanentes aujourd’hui, qui ne manqueront pas de s’accentuer dans un avenir proche, de quoi alimenter une nouvelle guerre froide, ou… chaude, la Russie faisant partie des pays s’appropriant ces hautes latitudes. (PE)


Vous êtes ici : Informations et actualités > Conférence du mardi