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LA CHARTREUSE DE SAINT-HONORÉ à THUISON


Entrée de la Chartreuse de Thuison, dessin aquarellé, coll. Macqueron © Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville
Entrée de la Chartreuse de Thuison, dessin aquarellé, coll. Macqueron © Archives et Bibliothèque patrimoniale d’Abbeville

Conférence par M. Jean-Jacques BECQUET, Membre titulaire

Mercredi 4 mars 2026

Au début du XIVe siècle Abbeville est une cité florissante où les institutions religieuses sont nombreuses et influentes, animant une part essentielle de la vie publique. La ville compte alors quatorze paroisses et un grand nombre de couvents d’hommes et de femmes. La Chartreuse Saint Honoré de Thuison est fondée en 1301. À cette époque, le Ponthieu est au cœur de l’Europe occidentale, tantôt possession de la couronne d’Angleterre, tantôt intégré au royaume de France embryonnaire. C’est en Ponthieu que les souverains de France et d’Angleterre sont amenés à se rencontrer. Abbeville est une place forte très convoitée et respectée.

 

La Chartreuse de Thuison, sous la conduite de prieurs successifs choisis par l’Ordre selon des critères exigeants, traverse les siècles avec la considération bienveillante de la papauté, le soutien financier de donateurs avisés et la considération de l’aristocratie et de la bourgeoisie locales. Les bâtiments construits lors de la fondation résistent tant bien que mal aux nombreuses guerres et saccages de brigands, sont restaurés ou reconstruits, et résonnent imperturbablement des prières des moines.

 

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, tout est plus ou moins en ruine. La décision est prise de reconstruire intégralement le monastère. Le chantier s’éternise à cause de financements sans cesse interrompus. Les Chartreux entrent en jouissance des nouveaux bâtiments, de l’église, des cloîtres et des cellules, peu avant que n’éclate la Révolution.

 

Pour cette causerie on se propose de retracer les étapes et moments cruciaux de l’histoire de la Chartreuse de Thuison, de laisser vagabonder son imagination et sa curiosité, et surtout de se repaître des rares vestiges qui sont d’insignes témoins d’une splendeur passée. (JJB)