Marie court, un roman abbevillois

Joseph-Désiré Court, Femme à mi-corps, couchée sur un divan, 1829, inv. 868.1.16 © Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole. Photographie Frédéric Jaulmes. Reproduction interdite sans autorisation
Joseph-Désiré Court, Femme à mi-corps, couchée sur un divan, 1829, inv. 868.1.16 © Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole. Photographie Frédéric Jaulmes. Reproduction interdite sans autorisation

Conférence par M. Jean-Loup Leguay, historien de l’art, vice-président de la Société des Antiquaires de Picardie, invité

Mercredi 15 mai 2018, le Rex-Centre culturel à Abbeville

 

Abandonnée en 1808, Marie - c'était là son unique patronyme - fut élevée au nombre des enfants trouvés de l’hospice civil d’Abbeville. Couturière de son état, elle avait donné naissance en 1826 à Domqueur à un fils naturel, avant de rencontrer Joseph-Désiré Court (1797-1865). Ce peintre parisien très en vue, dont elle devint la plus grande affection de cœur et d'art, n'aura pourtant été marié que douze jours avec celle qui fut sa compagne durant plus de trente ans. Muse et modèle, Marie prit part à l’activité de l'atelier mais également à certains séjours de l’artiste à l'étranger, en particulier en Italie. Après le décès de son mari, elle fit don de plusieurs de ses tableaux au Musée municipal de Saint-Germain-en-Laye, ville où Court possédait une adresse et où elle mourut en 1883. À la lueur de découvertes récentes, le portrait singulier et inédit de cette femme, aussi charismatique et sûre d'elle-même que discrète et soucieuse, mérite aujourd'hui d’être dressé. Marie est, à elle seule, un roman où se croisent les éternelles passions chères aux grands créateurs du XIXe siècle. (JLL)